mise au point; bilan

 

 

            Je viens de "traverser le désert" : juste , cette fois, j'avais la certitude que cela s'arrêterait et que je serai "mieux après".

 

Ce n'est pas le premier "désert" que je traverse dans ma vie, comme tout le monde. J'appelle ainsi cette période où on se sent perdu:

 

  • nos certitudes, nos convictions sont mises à mal;

  • les doutes nous envahissent avec plein de "et si....." dans la tête;

  • des questions: "ai-je raison? - à quoi je sers? - quel avenir? - pourquoi? - comment? - c'est injuste...."

  • des sentiments, des élans, des impulsions: colère - tristesse - souffrance - injustice - peur - sentiment d'échec, d'incapacité, de nullité....;

  • une incapacité d'action: on devient fébrile en passant d'une activité à une autre en les survolant ou alors complètement apathique , sans envie...

 

             Dans nos vies on en traverse plus ou moins et plus ou moins bien!

Cette fois, pour moi, c'était un peu différent:

  • dès le début, je n'ai pas cessé de parler, de dire à Dieu; je ne vous parle pas de prières, ni de communion (je n'y arrivais plus!) mais juste de "dire" mes "pourquoi? - je veux que ça s'arrête - je n'y arrive pas - je n'aime pas être comme ça -....."

  • dès le début j'ai désiré retrouver la sérénité intérieure, la paix, la sensation indescriptible d'être AIMEE de Dieu!

Jamais je n'ai douté de Sa présence, de Son écoute; je savais que le problème venait de moi et je le ressentais physiquement: mon cœur était fermé!

 

         La raison, la cause de cet état: un décès.

Je m'étais investie auprès de cette personne pour l'amener au "pardon",à la paix, à la sérénité, sans succès; 

A son décès je me suis rendue compte de la force du lien qui existait entre nous: j'étais ce que je suis, parce que c'est ce qu'elle attendait de moi ... En partant , elle me laissait désorientée: je n'avais plus de rôle! Jamais je n'aurai pu imaginer que son décès m'aurait affectée aussi profondément! Je me sentais "amputée"!

En plus, je ressentais de la colère à cause du sentiment d'échec :"ça aurait été si simple de pardonner!".

 

                                            Aujourd'hui, je retrouve la paix: c'était long mais nécessaire pour avancer.

 

 

Il y a presqu'un an, j'avais fait un rêve que je n'ai jamais oublié:

"je roule sur une route étroite, sur un flanc de morne; en réalité je grimpe presqu'à pic; je suis seule dans la voiture, contente, apparemment, puisque je chantonne et trouve le paysage merveilleux! (dans la réalité, je serai hyper inquiète en me disant "pourvu que la voiture tienne!!!)

Soudain, la voiture s'arrête: plus rien , même pas de frein!

Je me laisse calmement glisser en arrière, dans les virages (!!!), à la recherche d'une entrée de maison pour arrêter cette voiture contre quelque chose!

Je trouve une entrée, je gare la voiture près d'un ravin (je n'ai JAMAIS réussi un aussi beau créneau!); pour ne pas tomber en contre bas, je la fais repasser en marche avant (???) et là, apparaît une voiture à l'arrêt devant moi qui me stoppe (!!!). L'endroit est désert, avec des hangars sur le côté, et j'ai la certitude qu'il y a un garagiste; je me dis juste: "je n'ai pas 1 centime!" c'est-à-dire que je suis "à sec"!

Pendant tout ce temps, AUCUNE ONCE DE CRAINTE (???). Je m'étonne moi-même dans le rêve et je me prépare à aller chercher ce garagiste quand je me réveille avec une sensation de bien être mais aussi un peu "étonnée"!

 

Dans ce rêve, ce qui m’a interloquée c'est cette absence de panique, cette confiance totale, cette sérénité au point de chantonner! Aucun rapport avec moi! Ce rêve ne m'a pas quitté (il y en a eu d'autres à la même période), il s'est produit avant le décès .

Je viens de faire cette marche arrière et cet arrêt!

En redescendant le morne en marche arrière, je suis retournée sur mes pas pour m'arrêter et ....comprendre?

 

 

                      Ce n'est pas une personne qui m'a faite, et ce que je suis n'est pas sa volonté: elle a tout simplement été l' instrument qui a servi à m'amener là où j'en suis aujourd'hui: elle était un maillon nécessaire à ma formation comme toutes les personnes qui sont passées dans ma vie. Elle a servi à poser les bases pour la suite.

                      Dans nos vies nous croisons des personnes , des situations, des expériences... bonnes ou mauvaises ; en nous stimulant, en nous forçant à réagir, en nous encourageant, en nous blessant....elles nous entraînent vers des attitudes, des comportements qui nous amèneront progressivement à nous révéler . Les chemins que nous choisirons ne seront pas toujours les bons, et bien souvent ils mèneront à la colère ou à la révolte, mais si nous voulons trouver la paix nous serons amenés à changer de direction: la petite voix au fond de notre coeur nous rappelle chaque fois que nous sommes sur le mauvais chemin; libre à nous de l'écouter! Heureusement, ELLE est persévérante et tenace!

Que de fois j'ai eu envie de rendre les coups à base de mépris, d'ironie....! Et chaque fois que je l'ai fait, je me sentais mal ! La Paix, la vraie, je ne l'ai trouvée que lorsque j'ai rencontré le PARDON et qu'il m'a permis d'entrevoir la souffrance de celui qui fait mal, cette même souffrance qui me poussait dans le mauvais chemin. C'est cette Paix qui vient de m'aider!

 

A partir du moment où j'ai "intégré" le fait que je ne suis pas "forgée" par quelqu'un, que tout concoure à un but pour moi, il ne me reste plus qu'à trouver mon objectif.

 

Chacun de nous est unique pour quelque chose. Je ne crois pas que nous soyons là pour rien; nous avons chacun notre importance, notre utilité et c’est pourquoi nous avons des aptitudes, des dons qui nous sont propres: pour remplir notre mission sur terre.

 

La conclusion de tout ça est: AMOUR.

Facile? non, ça ne l'a pas été; il est toujours très désagréable d'avoir la sensation de ne plus se trouver; ce qui m'a aidée, portée, c'est ce "truc" au fin fond de mes tripes qui me répétait: "je suis là, je t'aime".

Cette certitude d'AMOUR fait toute la différence!

Quand je retourne loin derrière, je me rends compte que ce "truc" a toujours été là mais voilà, encore fallait-il l'écouter!

On l'entend mais on a peur de lui, peur de l'écouter, peur de le suivre, peur de se tromper, peur de l'inconnu...si on savait comme c'est simple!