Les derniers événements de ma vie me donne envie de parler du rôle de parent.

Être parent n'est chose facile pour personne.

Que de fois j'ai pu connaître la saturation, le découragement, l'envie d'envoyer tout balader, le sentiment de ne pas être à la hauteur, la panique, la colère et surtout la fatigue; peut-être même que cette dernière était la cause première de toutes les autres.

Le plus angoissant dans l'éducation a été toutes ces fois où, confrontée à une situation, n'ayant pas de "clés", j'ai plongé dans une solution dont j'attendais fébrile de voir si elle était bonne! pendant des jours et des jours, l'angoissante question "et si j'ai été trop dure? et si je le "jette" sur la mauvaise pente? et si je le traumatise? et si? et si?????

Lorsque je "regarde" en arrière, que d'erreurs commises! que de fois où je n'ai VRAIMENT pas été à la hauteur, où je n'ai CARREMENT pas assurer et assumer mon rôle!

Aujourd'hui, ils auraient pu m'en vouloir, m'en tenir rigueur et, peut-être (sûrement!), l'ont-ils fait!

Il y a plusieurs étapes à franchir dans le rôle de parent:

  • Enfant: ça peut aller;

  • Adolescent: c'est "ouille";

  • Adulte: "comment faire"?

Passé les deux premières étapes, bien "malement" comme qui dirait, (y'a pas de faute: c'est exprès!) j'étais perdue face à la dernière.

Déjà, je ne me sentais pas vraiment fière de mon parcours, car mes manquements me faisaient me sentir coupable, même si je savais que la plupart du temps j'avais fait tout ce que je pouvais et du mieux que je pouvais en utilisant tous les moyens dont je disposais: raison, affectifs, moraux, logiques..... C'était surtout le négatif qui persistait! Dans ce nouveau rôle, cette culpabilité faisait que je ne m'affirmais pas et du coup je n'occupais pas ma place: je me retrouvais en souffrance! J'avais la sensation d'être totalement "has been" , inutile, incomprise et jugée! De plus, je me sentais responsable dans le sens de coupable de leurs difficultés. La communication passait, parfois, difficilement, et j'en sortais blessée: je pleurais souvent!

Progressivement, les choses se sont mises à changer et ma perception aussi.

Mon rôle s'est affirmé et je crois que j'ai ENFIN pu faire comprendre que je ne suis pas un juge mais que je suis disponible pour entendre, donner mon avis (quand on le demande), accepter les décisions qui ne sont pas les miennes de toutes façons, aider à trouver des solutions en cas de problème (être la solution parfois): bref, avoir des relations d'adultes responsables et oublier (ou plutôt "déplacer") ce lien trop fort et trop prégnant mère/enfant!

Je suis leur mère, ils sont mes enfants! nos vies, nos idées, nos goûts, nos choix ne peuvent être les mêmes car nos mondes sont très différents; j'ai souvent eu l'impression que le fait que je pense autrement ou autre chose était perçu comme un jugement négatif par eux alors qu'en fait ce n'était que l'expression de "moi"! Il arrivait aussi que j'ai le sentiment d'être traitée comme une enfant inconsciente à qui on fait des reproches (une amie m'a dit avoir le même sentiment avec ses enfants!)

Aujourd'hui, je ne partage pas tous leurs choix, toute leurs idées....mais je crois que c'est acté: JE SUIS MOI, ILS SONT EUX! J'accepte sans aucun problème de ne pas tout connaître de leur vie, et je regarde avec tendresse les partages de confidences entre frère et sœur . et surtout, ils acceptent mes décisions, mes opinions,même s'ils ne les partagent pas du tout!

Je peux donner mon avis dans nos discussions (même s'il est totalement opposé) et nous avons de vraies discussions d'égal à égal. Nous nous sommes mutuellement acceptés dans nos nouveaux rôles , du moins je le crois.

Où est Dieu dans tout ça? Je suis censée vous parler de Lui, d'une manière ou d'une autre!

Cette "bifurcation" n' a pu se produire que parce qu'il y a eu de mon côté un énorme changement; mon cheminement avec Dieu m'a permis de faire un retour total et profond sur moi et, je crois pouvoir l'affirmer, sans complaisance: ça a été dur-dur; c'est pas toujours joli de se voir tel que l'on est réellement, sans artifices et sans alibis! les souffrances subies sont remontées aussi! puis, la sensation d'être PARDONNEE, lavée, AIMEE qui vous envahit et vous procure un immense bien-être. La sérénité transparaît dans ma vie de tous les jours, j'en ai conscience, tout comme la culpabilité transparaissait; en fonction de ce que l'on est en dedans, au fin fond de soi, on obtient de l'autre des réactions fort différentes.

Voilà où se trouve Dieu dans tout ça: au centre de moi! Et pour ce que j'ai aujourd'hui, je ne Le remercierai jamais assez! Tout parent sait de quoi je parle.

En ayant le sentiment d'être PARFAITEMENT aimée , on ne peut que transmettre l'AMOUR